Le PPBE de la RN20 en question

Publié le par Moins de décibels

Miramont edited jpgCOMMUNIQUE DE PRESSE
(Illustration de l'ancien Saint-Jean de Verges. Mais ça, c'était avant !)

En 1989, fut mise en service la liaison rapide à 2x2 voies (RN20) entre Pamiers et Foix sans qu’aucune protection contre le bruit n’ait été prévue. Elle coupa en deux notre village de Saint-Jean de Verges, cas unique en Ariège, et provoqua pour les riverains des nuisances sonores insupportables qui ne firent que s’amplifier avec le temps, notamment après le raccordement de la RN20 à l’autoroute A66 en 2002. Le trafic, prévu à l’origine de 10 000 véhicules par jour, était en 2010 de 22 000 dont 1 300 poids lourds.

Depuis huit ans, notre association «Pour moins de décibels sur la commune de Saint-Jean de Verges» lutte contre la gêne et le mal-être ressentis par les riverains.

C’est en 2008 que l’Etat créa l’observatoire du bruit des transports terrestres en Ariège qui fut chargé de piloter la réalisation du Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement de la RN20 (PPBE). Ce fut pour nous une grande espérance. Hélas, six ans se sont écoulés et ce n’est qu’aujourd’hui que l’Etat et ses services ont présenté leur projet de PPBE : il apparait que 30 Points Noirs du Bruit (PNB) ont été identifiés entre Pamiers et Saint-Paul de Jarrat, dont 21 PNB à Saint-Jean de Verges. Et l’Etat propose comme seules mesures de protection l’isolation des façades des bâtiments PNB.

Bien sûr, cette proposition est pour nous inacceptable car elle ne permettrait ni d’éradiquer la gêne des riverains dans leur vie quotidienne ni de leur restituer la qualité de vie qu’ils attendent, seules pouvant être efficaces des mesures de protections à la source – telles que écrans, merlons, revêtements peu bruyants,…. Inacceptable en effet de proposer aux riverains victimes des nuisances sonores de rester cloitrés chez eux, derrière leurs façades, portes et fenêtres closes, nuit et jour, en toutes saisons, pour retrouver la santé et le bien-être auxquels ils ont droit.

Aujourd’hui, l’Etat a décidé unilatéralement d’arrêter un projet de PPBE et de le mettre précipitamment en consultation du public. Ce document, qui n’a fait l’objet d’aucune concertation et n’a pas été approuvé par le comité de pilotage de l’observatoire du bruit, est partial, contestable dans ses conclusions, et comporte de nombreuses zones d’ombre.

Nous contestons à la fois la méthode et le fond.

Nous avons vécu pendant des années dans le silence assourdissant des services de l’Etat alors que nous ne cessions de demander une réunion d’avancement des études, de peur d’être un jour mis devant le fait accompli. C’est précisément ce qui se passe aujourd’hui. Ajoutons le remplacement, en catimini, en cours d’élaboration du PPBE, du revêtement de chaussée par un revêtement « moyennement bruyant », sans information préalable ni consultation de l’observatoire du bruit. Terminons par l’absence de concertation entre l’Etat et les associations de riverains, avec finalement la mise en consultation précipitée du projet de PPBE. Voilà pour la méthode.

Pour le fond :

  1. - Nous contestons le nombre de Points Noirs du Bruit (PNB) à Saint-Jean de Verges, nombre qui influe considérablement sur le choix des protections à mettre en place.
     
  2. - Nous rejetons la justification des isolations de façades des bâtiments PNB et rappelons que  tous les décrets, circulaires, arrêtés, reconnaissent que la protection contre le bruit doit être assurée à la source et que ce n’est qu’exceptionnellement que des protections en façades sont à envisager. Nous refusons de faire partie de «l’exception».
     
  3. - Nous demandons la mise en place de revêtements peu bruyants sur la RN20 et l’accélération du renouvellement des couches de chaussées. Ce point est très important compte tenu de la configuration des zones à protéger à Saint-Jean de Verges.
     
  4. - Nous  rappelons  enfin, parmi les engagements de l’Etat, «la mise en place de partenariats pour traiter le problème globalement par un panel de mesures et trouver les financements nécessaires».

La situation actuelle ne respecte pas les années d’engagement de notre association et de ses 150 adhérents qui réclament des protections à la source, le millier de signataires de notre pétition en 2010 demandant l’installation de dispositifs antibruit sur toute la traversée de notre village, tous les travaux et études que nous avons menés afin d’argumenter face aux services de l’Etat, et surtout c’est le mépris des souffrances et du mal-être de nos concitoyens, provoqués par les nuisances sonores. C’est pour ces raisons que nous continuons notre combat.

Nous avons alerté les habitants de Saint-Jean de Verges, et au-delà, sur les enjeux du PPBE et l’importance de s’exprimer dans le cadre de la consultation du public. D’ores et déjà, la municipalité de Saint-Jean de Verges a adopté une motion de soutien qui sera adressée au Préfet. Nous chercherons, sur cette base, à obtenir le soutien d’autres municipalités ou communautés de communes.

Notre prochaine Assemblée Générale, qui se tiendra le Mercredi 2 juillet à 18 heures marquera une étape importante. Le sous-préfet de Pamiers nous a proposé d’y participer pour expliquer les positions de l’Etat. Nous l’en remercions.

La constitution française, intégrant depuis 2005 la Charte de l’environnement, reconnait que «chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé». C’est ce droit que nous réclamons, simplement ce droit, au-dessus des complications administratives, des normes technocratiques qui nous écrasent et des arguments fallacieux qui nous sont opposés.

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