Nouvel indicateur de pollution sonore

Publié le par Moins de décibels

Sonomètre intégrateur
Sonomètre intégrateur

Trop complexe le décibel, cette unité logarithmique qui s’additionne curieusement (60 dB + 60 dB = 63 dB) et traduit un doublement du niveau sonore par une augmentation de 3 dB, un triplement par une augmentation de 5 dB ? Sûrement !

Et les indicateurs de bruit ? Ils rendent compte de l’énergie moyenne à laquelle est soumise une habitation, mais ne traduisent pas les pointes enregistrées génératrices de stress, de fatigue nerveuse et de troubles du sommeil lorsqu’elles surviennent la nuit. Selon les normes et réglementations, l’acoustique ne travaille que par moyenne, comme si nous vivions en moyenne avec des nuisances sonores moyennes et une qualité de vie moyenne.

Tout cela, nous l’avons écrit dans notre Document de travail et de réflexion sur le bruit de la RN20 à Saint-Jean de Verges, en 2010.

Nous avions même ajouté que la facilité de compréhension des indicateurs de bruit et des méthodes de mesure par les riverains, les associations de défense de l'environnement et les élus est un impératif pour que la façon dont le bruit est mesuré et la gêne évaluée ne soit pas la première cause d’incompréhension et même de défiance dans le dialogue avec les pouvoirs publics et les gestionnaires des infrastructures.

Aujourd’hui, un nouvel indicateur est testé en région parisienne et à Lyon par Bruitparif (Ile-de-France) et Acoucité (Grand Lyon), pour mieux évaluer la pollution sonore. Il a été mis au point dans le cadre du projet européen Harmonica. Ce nouvel indice prend en compte le bruit de fond et les pics de bruit (enfin !); il se veut proche de la perception des nuisances sonores et accessible pour le public. Il peut varier sur une échelle de 0 à 10 s'affranchissant des décibels (enfin !), de manière à être aisé à comprendre par tous. Plus l’indice est élevé et plus l'environnement sonore est dégradé.

La représentation graphique de l’indice apporte, de manière synthétique, plusieurs informations sur l'environnement sonore : un rectangle (bruit de fond) et un triangle (pics de bruit) superposés. Une couleur (vert/orange/rouge), tenant compte des périodes de la journée (diurne/nocturne), indique la situation par rapport aux normes de référence, notamment les objectifs de qualité de l’OMS.

Rappelons ici le courrier du Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement, du 22 février 2011 à notre députée Frédérique MASSAT et du 28 février 2011 à notre sénateur Jean-Pierre BEL, président du sénat :

« L’association "pour moins de décibels sur la commune de Saint-Jean de Verges" fait état de niveaux sonores supérieurs aux seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et demande que soient notamment mis en place des murs antibruit.
Les niveaux sonores préconisés par l’OMS ne constituent pas des seuils réglementaires.
L’objectif de l’Etat dans la lutte contre le bruit des infrastructures de transport terrestre concerne en priorité les points noirs du bruit, jugés les plus préoccupants pour la santé, où les niveaux sonores dépassent les valeurs limites réglementaires Lden 68 dB(A) pour l’indicateur de bruit en période de jour et Ln 62 dB(A) pour l’indicateur en période de nuit. »

Nous proposons un stage obligatoire dans un point noir du bruit, pour tous les ministres, représentants de l’Etat et des services de l’Etat, et pour tous les étudiants de l‘ENA. Après, nous discuterons, en toute connaissance des souffrances, de la réglementation et de la qualité de vie.

Dossier de presse Bruitparif et Acoucité du 3 juillet 2014 « De nouveaux outils pour informer et lutter contre le bruit ».

Publié dans Au fil de l'actualité

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