Nuisances sonores et Urbanisme : un constat accablant

Publié le par Moins de décibels

La voie rapide a traversé notre commune selon un axe nord sud, dévorant sur son passage l'espace initialement imparti à l'urbanisation sur une largeur variant entre 30 et 70 m, cloisonnant artificiellement l'est et l'ouest de notre surface habitable. Ses effets dépassent hélas! de très loin les limites de son implantation : 13 hectares auxquels s'ajoute une bande inconstructible de 50 m de part et d'autre de son tracé. Classée en catégorie 2 en raison du fort niveau sonore qu'elle génère (de 76 à 81 décibels le jour, 71 à 76 la nuit), le secteur affecté par le bruit est de 250 mètres de chaque côté de la voie. Il couvre donc une superficie de 174 hectares dans notre commune.

Nous atteignons un total de 187 hectares avec l'emprise de la RN 20. Dans cet espace de bruit se situent 75 hectares classés en zone urbanisable selon notre Plan Local d'Urbanisme (55,5 ha à l'ouest de la voie et 19,5 ha à l'est). 75 hectares soit 750 000 mètres carrés sur une totalité de 113,5 ha constructibles que compte notre territoire; c'est-à-dire que 66% de notre potentiel d'urbanisme sont fortement touchés par la pollution sonore !


Les zones AUo du PLU constituent des réserves foncières non ouvertes à la construction aujourd'hui, elles le seront dans un futur proche. En langage immobilier, elles représentent l'avenir de Saint -Jean- de- Verges et sa capacité à se développer. Là aussi on constate que 60% de ces espaces sont situés en zone de bruit ! Aucune autre commune de l'Ariège ne subit un préjudice aussi important ! Cela signifie, pour les propriétaires fonciers, plus de difficultés à vendre leur terrain ou leur habitation. Les nuisances sonores liées à la servitude de surprotection acoustique ne peuvent qu'entraîner une moins-value de leurs biens.

Photo urbanisme réduit 1
Constructions aux abords de la RN 20

Que l'on nous comprenne bien ! Nous ne sommes pas des " anti-RN20", mais tous des utilisateurs de celle-ci au quotidien. Nous en reconnaissons les multiples mérites : elle facilite les déplacements, désengorge la RD 624 dans la traversée du village et de ses hameaux. Elle est l'un des vecteurs, et non le moindre, de l'économie de l'Ariège. Des avantages pour tous, certes ! mais aussi pour les Saint-Jeantains de nombreux inconvénients auxquels il faut trouver de vraies solutions.

Le parcours retenu par les concepteurs à l'époque (la traversée de la zone d'urbanisation) est le résultat d'un choix dont les critères ont ostensiblement privilégié la facilité et l'économie sacrifiant ainsi les riverains (270 habitations en zone de bruit, beaucoup d'autres suivront dans les années à venir) sur lesquels il a fait peser le poids des nuisances et le coût des aménagements destinés à les pallier. Contrairement aux principes de justice récemment adoptés par l'Union Européenne, ce n'est pas le pollueur qui paie mais la victime !

Ces pseudo-aménagements à la charge des pollués sont onéreux (servitude d'isolation renforcée entraînant un surcoût d'au moins 30%). Ils ne constituent nullement une panacée car au niveau des jardins, terrasses, piscines et pièces aux fenêtres ouvertes l'été, la situation n'en demeure pas moins insupportable. De plus la zone de bruit officiellement reconnue comme pénalisée par les nuisances ne tient pas compte des réalités de notre commune : les habitats de hauteur coté est (les Acacias, la Terrasse, Gabachou...) bien que hors zone sont aussi touchés par le bruit qui se fait encore entendre à Marseillas !

Les nuisances sont gravement préjudiciables à l'urbanisme de notre commune et aux intérêts de ses habitants. Vingt ans après, il est temps de rendre leur tranquillité et leur qualité de vie perdues aux riverains en achevant enfin l'aménagement de la RN 20 par la réalisation d'indispensables protections.

Le succès que la pétition a rencontré auprès de la population ainsi que la multiplication du nombre des adhésions à l'association conforte notre volonté de lutte.

Les solutions existent, efficaces, bien connues car présentes sur la plupart des voies rapides, elles ont pour noms merlons et murs antibruit. Nous les attendons impatiemment !


Cet article fait partie du dossier spécial consacré au combat mené par notre association, dans le Bulletin municipal de Saint-Jean de Verges de Juin 2010 « Beil é douma ».

Publié dans Vie de l'association

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article