Lettre ouverte à l’Etat et à ses Représentants en Ariège

Publié le par Moins de décibels

Saint-Jean de Verges, le 18 janvier 2019

Monsieur le Ministre de la Transition écologique et solidaire,
Madame la Préfète Représentante de l’Etat en Ariège,
Messieurs les Responsables des services de l’Etat en Ariège,

Depuis 12 ans notre association lutte contre les nuisances sonores provoquées par la RN20 (2x2 voies) qui coupa en deux notre village. Au moment où s’ouvre un grand débat national nous tenons à témoigner ici du vécu de nos relations avec l’ETAT et ses représentants en Ariège :

  • En 2008, nous avions placé nos espoirs dans la création de l’observatoire du bruit des infrastructures de transports terrestres en Ariège, auquel nous avons participé activement et où nous avons fait des propositions. Hélas, cet organisme n’a jamais joué son rôle de lieu de concertation et d’échanges,
     
  • En 2010, une pétition citoyenne réclamant l’installation de dispositifs antibruit sur toute la traversée de notre village, a recueilli plus de 1 000 signatures. Les pouvoirs publics auxquels nous l’avons transmise ont superbement ignoré le malaise de nos concitoyens qu’elle traduisait,
     
  • En 2015, l’ETAT et ses services ont arrêté un projet de PPBE (Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement de la RN20), projet arbitraire, ignorant toutes nos observations, arrêté sans concertation. Ce projet, qui prévoyait comme seules mesures de protection l’isolation des façades des 21 bâtiments reconnus comme Points Noirs de Bruit. a été mis en consultation du public. Nous avons exprimé notre profond désaccord en adressant à l’ETAT un dossier complet argumenté exprimant toutes nos observations et demandant notamment des protections à la source des bâtiments. Aucune de nos revendications n’a été prise en compte,
     
  • Lors de l’élaboration du PPBE, la DIRSO, partie prenante pour la définition des mesures de protection, décidait, sans concertation ni information préalable des citoyens, de remplacer le revêtement de chaussée de la RN20 par un revêtement moyennement bruyant. Une contribution importante pour la protection à la source des habitations des riverains – la qualité du revêtement – était ainsi annihilée,
     
  • En 2016, la préfète et la DDT, suite à notre pression continue sur ce dossier, réalisaient enfin une étude de faisabilité pour la mise en place des protections à la source que nous réclamons. La préfète s’engageait même à réunir les collectivités locales pour boucler un plan de financements croisés. Hélas, la Direction des infrastructures de transport du Ministère de l’Environnement, depuis ses bureaux parisiens, mettait un veto à cette avancée locale,
     
  • En 2018, nous avons tenté d’obtenir un abaissement de la vitesse de 110 km/h à 90 km/h sur la RN20, ce qui pouvait contribuer à une réduction des nuisances sonores. Lors d’une rencontre avec la préfète, cette dernière a reconnu qu’elle avait le pouvoir de décider d’un abaissement de la vitesse à 90 km/h mais qu’elle ne le souhaitait pas,
     
  • Finalement, un arrêté préfectoral a été pris par l’ETAT le 24 avril 2015 portant approbation du PPBE de la RN20. Ceci nous a conduit à déposer une requête auprès du Tribunal administratif de Toulouse en annulation de cet arrêté,
     
  • Le 23 octobre 2018, le tribunal administratif nous donnait raison en annulant l’arrêté préfectoral qui approuvait le PPBE de la RN20. Mais le 28 décembre 2018, le Ministère de la Transition écologique et solidaire faisait appel de ce jugement. Une fois encore l’ETAT témoignait d’un mépris et d’un acharnement à rejeter notre combat contre la pollution sonore qui altère la santé des riverains de la RN20 dans notre village. 

Dans l’immédiat, nous réclamons que le Ministère de la Transition écologique et solidaire retire sa requête en appel du jugement rendu en notre faveur par le tribunal administratif de Toulouse et qu’une véritable concertation locale s’engage avec l’ETAT et les services de l’ETAT en Ariège. Nous avons peu d’espoir que cette demande soit entendue et que l’ETAT respecte une décision de justice qui nous est favorable, car nous savons que dans les sphères du pouvoir technocratique, il n’y a ni respect, ni compassion pour les doléances et les souffrances d’habitants d’un petit village rural du fin fond de l’Ariège. Pourtant, chaque jour, les menaces sur la santé de nos concitoyens s’aggravent en même temps que les nuisances sonores augmentent avec l’accroissement du trafic.

Dans le futur, pour que d’autres ne subissent pas le chemin de croix que nous vivons, nous demandons que les décisions qui touchent à la vie de nos concitoyens fassent l’objet de réunions citoyennes et d’une concertation réelle entre l’ETAT, les services de l’ETAT en région et les citoyens, en donnant la priorité aux intérêts locaux face aux dictats des ministères et aux ordres parachutés d’en haut. Par concertation, nous entendons une action, pour plusieurs personnes, de s’accorder en vue d’un projet commun. Elle se distingue de la consultation en ce qu’elle ne se résume pas à une demande d’avis. Elle suppose la confrontation entre les parties, l’échange d’arguments, l’explicitation des points de vue de chacun.

Telles sont nos doléances, Monsieur le Ministre, Madame la Préfète, Messieurs les Directeurs des services de l’ETAT en Ariège,

Avec nos salutations distinguées.

                                                                                                              Philippe MUNOZ, Président

Destinataires de la Lettre ouverte :

Monsieur le Ministre de la Transition écologique et solidaire, François de RUGY
Madame la Ministre auprès du Ministre de la Transition écologique chargée des Transports, Elisabeth BORNE
Madame la Préfète de l’Ariège, Chantal MAUCHET
Monsieur le Directeur régional de la DREAL, Didier KRUGER
Monsieur de Directeur de la DIRSO, Hubert FERRY-WILCZEK
Monsieur le Directeur de la DDT Ariège, Stéphane DEFOS
Monsieur le Président du Conseil Départemental d’Ariège, Henri NAYROU
Madame la Présidente du Conseil Régional d’Occitanie, Carole DELGA
Monsieur le Président de la Communauté d’agglomération Foix-Varilhes, Roger SICRE
Monsieur le Maire de Saint-Jean de Verges, Jacques DEJEAN
Monsieur le Président du Syndicat Mixe du SCoT Vallée de l’Ariège, Roger SICRE
Madame la députée de l’Ariège 1ère circonscription, Bénédicte TAURINE
Monsieur le député suppléant de 1ère circonscription, Marcel LOPEZ
Monsieur le sénateur de l’Ariège, Alain DURAN
Madame la  Conseillère départementale Val d'Ariège, Martine ESEBAN
Monsieur le Conseiller départemental Val d’Ariège, Jean-Paul FERRE

Presse :
La Dépêche Ariège,
France 3 Ariège,
La Gazette ariègeoise,
Le Petit journal.
 

Publié dans Au fil de l'actualité

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